Légumes d’été

Nous avons assisté ce matin à la dernière partie de notre cours sur les légumes d’été, avec notre professeur jardinier Hervé, à l’Ecole du Breuil. Cette fois-ci le soleil était au rendez-vous et on a déjà vu des changements au potager en une semaine seulement… (Mais mal réveillée comme j’étais, je n’ai pas pensé à prendre des photos.) Dernière ligne droite sur notre cours ! Quels légumes favoriser ? Comment faciliter la gestion des semis ? Comment diminuer les arrosages, ou améliorer l’entretien des jeunes plants ?

Merci à Hervé, notre professeur jardinier, pour avoir partagé avec nous ses bonnes pratiques et ses précieux conseils 🙂

Hervé, notre professeur jardinier à l'Ecole du Breuil

Hervé, notre professeur jardinier à l’Ecole du Breuil

Quelques règles à respecter pour avoir un potager à la hauteur de vos ambitions :

  1. Se rappeler que le potager doit rester un plaisir avant tout. Tout le travail qui en découlera devra donc être anticipé pour s’adapter à votre mode de vie et non vous rendre esclave de votre potager. Si vous disposez de temps uniquement le week-end, si vous vous absentez régulièrement plusieurs jours, si vous avez mal au dos, des solutions existent. Espacez les arrosages ou installez des arrosages automatiques (système de tuyaux, bouteilles renversées…), surélevez votre potager…
  2. Privilégier la culture biologique : la terre doit être la plus saine possible pour nourrir les légumes et nous nourrir, indirectement, le plus sainement. Du terreau horticole est recommandé pour être mélangé à la terre de jardin, les engrais doivent être utilisés avec parcimonie même étant certifiés bio, et les graines doivent également être certifiées bio. Les soins apportés au potager (anti-limaces par exemple) doivent aussi être bio, de nombreuses astuces peuvent être utilisées sans avoir recours à des produits chimiques dangereux pour la nature et pour l’homme. Hervé nous recommande la solution vérifiée d’innombrables fois pour lui : placer une planche de bois, et surveiller régulièrement en la retournant, la population de limaces au potager, et s’en débarrasser. Pour m’en débarrasser, je dispose non pas d’un sécateur comme l’avait conseillé une des élèves du cours, mais une autre solution qui respecte la chaîne alimentaire naturelle : je donne toutes les limaces et escargots à mes tortues qui se régalent. Encore faut-il avoir une tortue… Ou pourquoi pas une poule 🙂
  3. Choisir des légumes que l’on aime consommer et qu’on souhaite consommer régulièrement. Cela paraît évident, et pourtant, même moi je m’y suis trompée. J’avais (jadis !!!) tenté de cultiver du céleri juste parce que j’avais vu sur Internet que c’était facile à faire… Alors qu’il faut aimer ça, que ça prend de la place… Et que je préférais de loin la tomate. En jardinerie, on nous vend tout, et souvent on n’aime pas tout consommer, pourtant on craque devant les plants qui paraissent bien développés, robustes, en promotion, qui font rêver d’un bon plat alsacien alors qu’on n’aime pas le chou… Pensez au nombre de plants nécessaires pour répondre aux besoins du foyer, à la surface nécessaire pour cultiver tout ce beau monde, et surtout au temps et aux soins qu’il faudra leur accorder.
  4. S’autoriser la culture de plusieurs variétés, et chaque année, se « forcer » à découvrir une nouvelle variété. Grande illumination durant le cours d’Hervé, il a raison : pourquoi ne pas aller un peu plus loin que ce que le commerce nous présente comme accessible, et tendre vers des légumes oubliés, rares, anciens ? On peut trouver des graines de légumes anciens en magasin (si on cherche bien) ou sur Internet (si on cherche bien). Le site dont tout le monde parle :  La Ferme de Saint Marthe j’irai aussi y faire un tour très bientôt.
  5. Planifier ses cultures : Une fois que l’on a listé toutes nos envies (tomates, basilic, aubergines, courgettes, haricots…), il est préférable de penser ses cultures en fonction d’un planning pour respecter les dates de semis, de plantation, la durée de levée avant la récolte, et d’étaler ses productions pour ne pas crouler sous 50 courgettes à consommer en même temps lorsqu’on a un foyer de 4 personnes seulement. C’est également à ce moment-là qu’il faut anticiper la rotation des cultures en imaginant déjà par quels légumes remplacer ceux que l’on aura récoltés au fil de la saison. Efforcez-vous de planifier, cela vous permettra d’avoir une vue d’ensemble sur votre potager tel que vous l’imaginez, et de mieux le gérer : vous gèrerez mieux l’espace disponible, les associations, les rotations des cultures, et ferez moins de pertes qu’en improvisant, ce qui vous démotiverait avant même de commencer.
  6. Suivre le rythme des plantes : la période favorable pour la plupart des semis est du 15 avril au 15 mai. La levée des semis est comme accélérée, car le climat est plus clément qu’au début du printemps. Il est donc temps, pour la plupart des légumes d’été, de rattraper le retard si vous n’avez pas pu le faire avant et de commencer le semis immédiatement.
  7. Semer en godet de tourbe, ou terrine en mini-motte. Il suffit de disposer 3 graines sur un lit de terreau (spécial semis si vous le préférez), arroser. Lorsque les semis ont levé (atteignant 5cm), il faut pour certains les éclaircir, c’est-à-dire sélectionner les deux plants les moins développés, et les retirer du godet : cela permettra au plant le mieux développé de gagner en robustesse en lui laissant l’espace pour mieux s’enraciner et mieux s’exprimer. Les deux autres plants ne sont pas perdus : vous pouvez les repiquer dans d’autres godets et suivre leur évolution parallèlement au plant le plus robuste.
  8. Pincer si nécessaire les plantes qui en ont besoin, pour mieux croître. Par exemple pour le melon, pincer au-dessus de la 2ème feuille systématiquement. Pour le basilic, le pincer régulièrement pour voir cette herbacée se ramifier : il ne s’en portera que mieux. La menthe nécessite également d’être pincer fréquemment afin de mieux conserver ses arômes au lieu de continuer à pousser, s’étioler et perdre son parfum.
  9. Préparer le sol : avant de planter vos petites mottes, le sol doit être suffisamment riche. Plus il le sera, et plus les légumes auront meilleur goût. Etant gourmands, ils apprécient un sol riche en humus, en terreau voire, en engrais. et en compost. Soit vous avez pu le préparer en automne, en y apportant une couche de fumier et de paillis (qu’il faudra retirer), soit vous ne vous y prendrez que 3 semaines avant la plantation et alors vous aérerez la terre, y apporterez votre compost, et la grifferez. Nourrir et entretenir votre sol chaque année lui permettra de gagner en qualité au fil des années, vous constaterez de meilleurs rendements de vos cultures.
  10. Placer les tuteurs si besoin. Pour certains légumes grimpants, il faudra placer des tuteurs : faites-le avant de placer vos plants pour ne pas abîmer leurs racines. Là aussi, votre imagination saura s’exprimer et ne pas se limiter aux tuteurs vendus en magasin. Hervé a utilisé des Polygonum polystachyum l’année dernière, en tant que tuteurs pour ses légumes : ces fleurs ont des tiges pouvant atteindre 2 mètres ! Vous pouvez également utiliser des branches de noisetier, des tiges de bambous, des grillages…
  11. Tremper la motte avant plantation. Ce simple geste permettra à vos plants d’être suffisamment et bien arrosés dès la transplantation, et à l’avenir également. Pour cela, plongez la motte dans un seau d’eau, et attendre qu’il n’y ait plus aucune bulle. La motte est alors prête 🙂
  12. Planter : c’est le grand moment. Il faut placer vos plants en terre. Il y a des techniques différentes. S’il s’agit d’une tomate, on peut lui couper les deux feuilles les plus basses sur la tige, et placer la motte inclinée, enfouir la tige et l’enterrer jusqu’au-dessus des deux feuilles coupées. La tige produira à ces deux endroits de nouvelles racines et le plant de tomate évoluera avec plus de stabilité.
  13. Arroser : une fois la plantation réalisée, veillez à arroser, à nouveau. Pour l’arrosage des légumes, faites-le au pied du plant en veillant à ne pas toucher ses feuilles. Cela diminuera le risque de maladie des feuilles et des légumes, car ils demandent énormément d’eau pour se développer, mais craignent souvent l’eau stagnante ou l’humidité sur les feuilles. Tout au long de la saison, surveillez vos plantations et vous saurez de mieux en mieux quand arroser, quelle quantité… en privilégiant un arrosage lorsque le soleil n’est pas brûlant pour ne pas risquer l’effet inverse (en arrosant à midi si votre plante fait grise mine, vous risquez de l’assécher encore plus vite : attendez le soir-même pour le faire).
  14. Pailler : cette étape vous fera économiser du temps en entretien (moins de désherbage), et en eau (garde la terre humide). Le paillis doit être choisi en fonction des plants, de leur durée (vivace, annuelle…), de leurs besoins (en acidité par exemple) et aussi heureusement en fonction de vos goûts car ils peuvent être très décoratifs. Vous pourrez pailler une semaine après la plantation, en ne touchant pas le colleret. Sinon il sera également humidité par le paillis et la plante entière risquerait de pourrir.
  15. Prévenir les maladies : espacer vos plants suffisamment pour ne pas les contaminer lorsqu’un plant est malade. Utilisez la bouillie bordelaise pour les tomates en prévention, Faites des associations avec des annuelles comme la capucine… Astuce pour la capucine : la planter au pied des légumes qui ont besoin d’éloigner les pucerons, mais aussi en garder dans un pot, que l’on déplacera en fonction des besoins près des légumes recouverts de pucerons, et re-semer la capucine pour les années suivantes aux endroits appropriés en secouant la fleur pour en faire tomber les graines sur place. Si votre plant est malade et incurable, il vous faudra vous résigner à l’arracher et à le sacrifier pour ne pas perdre toute votre culture.
  16. Récolter le fruit : Certains fruits demandent à arriver à maturité pour être cueillis, d’autres non (le poivron peut être consommé vert !). Si vous avez bien planifié vos cultures, vous devriez profiter sereinement de vos fruits cet été. Si par contre vous avez multiplié en surnombre vos cultures, vous croulerez sous des dizaines, voire des centaines de fruits et légumes en surnombre en même temps. Après avoir épuisé toutes les recettes de haricots ou de courgettes, après en avoir fait des crises de foie… Pensez à les échanger avec vos voisins, à les donner, et à les conserver (congelés, marinés, en bocaux…). Personnellement, lorsque je pince mon basilic, et que je n’ai pas prévu de les consommer sur le champ, je les congèle dans un bac à glaçons avec de l’huile d’olive, et j’utilise un de ces glaçons « méditerrannéen » même en hiver pour improviser une belle salade.
  17. Remplacer le plant cueilli par la nouvelle culture (rotation) sur l’espace disponible. Après avoir cueilli votre salade, utilisez cette surface pour planter du concombre ou des radis. L’association de radis et de carottes vous permettra d’alterner la cueillette de radis (éclaircissement) avec la plantation d’autres variétés de carottes (étalage de vos culture à 15 jours selon votre planification des cultures), etc…
  18. Récolter ses propres graines sur un fruit ou légume qu’on a trouvé particulièrement savoureux. C’est si facile ! J’ai testé ça sur des tomates cerises Chérie, biologiques, cultivées dans le Val de Loire. Durant l’apéro on les avait trouvées exceptionnelles, j’en ai donc conservé deux. Après l’apéro, j’ai extrait les graines, entourées d’un film gélatineux, je les ai mises dans un petit pot avec de l’eau. Le processus est de 3 jours environ : il faut laisser le pot, ouvert, à l’intérieur (20 degrés), et le secouer deux fois par jour. Je l’ai fait simplement en refermant le pot, en le secouant matin, et soir. Après les 3 jours, ajouter un peu de vinaigre, secouer à nouveau, puis faire sécher sur du papier absorbant. Les graines sont alors prêts : on peut les semer, et conserver les autres graines (les étiqueter et les stocker). Vous trouverez la méthode ici.

Vous l’aurez compris, le potager demande de fournir du travail, des efforts, du temps et des tonnes de bonnes intentions. Il vous faudra aussi commettre des erreurs pour prendre du recul, et mieux aborder vos prochaines saisons. Cela paraît énorme, mais il vous donnera de beaux fruits et légumes en retour et des moments de plaisir dont vous vous souviendrez longtemps.

Sur ma terrasse, je ne dispose que de petites jardinières pour cultiver mon mini potager. Mais je me mets au « vrai » potager chez mes parents qui eux, ont un jardin, et ont clôturé une partie près du bassin pour laisser libre cours à nos envies. C’est là que je vais officier de façon irrégulière mais avec beaucoup de bonne volonté, les week-ends, en m’appuyant sur l’expérience d’Hervé.

 

 

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4 réflexions sur “Légumes d’été

  1. Article incroyable tant les détails révèlent une passion pour la nature. J’ai reconnu les astuces les ayant appliquées avec brio. Je suis contente en te lisant de retrouver un jardin que j’ai aussi perdu. Il a été rasé. Il me reste quelques semences précieusement gardées de coriandre et de fenouil. Pour le reste dès que je peux aider un vrai amoureux du jardin je retrouve en moi un savoir de va nus pieds. 😀

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